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HOQUET

Introduction

Le hoquet est une contraction involontaire des muscles du diaphragme associée à une fermeture prématurée et brutale de la glotte mettant fin à l’inspiration. Il s’accompagne d’un bruit caractéristique et, le plus souvent, d’une contraction des muscles intercostaux.

Le hoquet n’est pas fréquent en soins palliatifs (1 à 9 % des patients atteints d’un cancer en phase avancée), mais il peut être pénible et invalidant par sa fréquence (4 à 60 hoquets par minute), son intensité et sa durée.

On qualifie un hoquet d’« aigu » s’il disparait dans les 48 h, de « persistant » s’il dépasse 2 jours et de « réfractaire » s’il dure plus d’un mois.

Les étiologies d’un hoquet sont nombreuses et parfois multiples chez un même patient. La distension gastrique, la stase et le reflux gastro-œsophagien sont fréquemment impliqués. Il est également intéressant de signaler que certains médicaments utilisés pour calmer le hoquet sont parfois eux-mêmes responsables du symptôme (p.ex. la dexaméthasone et le midazolam).

Même s’il est passager, un hoquet provoque de l’inconfort. Il peut perturber le sommeil, générer de l’anxiété, entraîner des nausées, aggraver une douleur, nuire à la concentration et affecter les relations sociales. S’il dure, il peut conduire à un véritable épuisement physique et psychologique.

Ce symptôme entraîne rapidement de l’inquiétude et du stress chez les proches.

Évaluation

L’objectif de l’évaluation est d’estimer la sévérité du hoquet, d’apprécier son impact sur la qualité de vie du patient et d’en identifier la (les) cause(s) afin d’orienter le plan thérapeutique.

Dans l’évaluation d’un hoquet, on s’attache à :

• rechercher la (les) cause(s) du hoquet ;

• évaluer l’inconfort ressenti par le patient ;

• rechercher les conséquences possibles du hoquet sur la qualité de vie du patient et de son entourage (insomnie, douleur, épuisement, anxiété, stress des proches, etc.).

L’évaluation d’un hoquet inclut :

• un examen attentif du dossier médical avec un relevé du traitement en cours (afin d’exclure une cause médicamenteuse) ;

• une anamnèse portant entre autres sur les circonstances d’apparition du hoquet, ses caractéristiques (rythme, intensité, durée), son impact sur la qualité de vie et les symptômes associés ;

• un examen clinique général en portant une attention particulière à la sphère ORL, au thorax, à l’abdomen, sans oublier l’examen neurologique ;

• des investigations complémentaires uniquement si le pronostic vital et les objectifs établis avec le patient le justifient : bilan sanguin (fonction rénale, ionogramme) et, si nécessaire, d’autres examens tels que imagerie cérébrale, thoracique ou abdominale, etc.

Boîte à outils

    Étiologies courantes d'un
    hoquet en soins palliatifs

Démarche thérapeutique

Principes de base

• Intervenir le plus rapidement possible car un hoquet, même aigu, peut être une source d’inconfort majeur.

• Traiter, si indiqué, la cause du hoquet.

– revoir la médication en cours (p.ex. remplacer la dexaméthasone par la méthylprednisolone) ;

– corriger les causes métaboliques ;

– ponctionner l’ascite ou l’épanchement pleural, etc.

• Appliquer un traitement symptomatique si le traitement étiologique est dépassé ou a échoué.

• Donner au patient et aux proches des explications claires et suffisantes sur le symptôme et la façon dont il peut être soulagé ; être à l’écoute de l’inconfort ressenti.

Mesures non pharmacologiques

• Dans un hoquet aigu et peu dérangeant, utiliser des petits moyens mécaniques simples et populaires comme bloquer la respiration, boire un verre d’eau en apnée ou par le bord opposé du verre, provoquer un éternuement, tirer sur la langue, etc.

• Dans un hoquet persistant ou réfractaire, penser à l’apport de l’acupuncture.

Mesures pharmacologiques

De nombreux médicaments sont utilisés dans le traitement symptomatique du hoquet, mais ils le sont de façon empirique car il n’existe pas suffisamment d’études contrôlées randomisées pour établir une stratégie thérapeutique solide applicable à ce symptôme.

Dans un hoquet d’origine gastro-intestinale, indéterminée ou multifactorielle, utiliser en première intention un prokinétique et un inhibiteur de la pompe à protons

• Métoclopramide : 10 mg po, sc ou iv lent 10 à 20 mg po, sc, ou iv toutes les 8 h

• Omeprazole : 20 à 40 mg po ou iv par jour ou un autre IPP

Dans un hoquet d’une autre origine (p.ex. affection du système nerveux central) ou si le hoquet résiste à un prokinétique et à un inhibiteur de la pompe à protons, recourir à une ou plusieurs des médications suivantes 

 

 

MÉDICAMENTS

 

POSOLOGIE REMARQUES
Baclofène  

• 5 mg po toutes les 12 heures durant 3 jours

• augmenter si utile de 5 mg/prise tous les 2-3 jours

• maximum 75 mg/jour en 3 prises et en dose d’entretien

 

 

• Sous réserve d’une fonction rénale normale (risque de délirium)

• Éviter un arrêt brusque (sevrage)

• Peut être associé à la gabapentine

 

Gabapentine  

• 100 mg po toutes les 8 h

• augmenter si utile de 100 mg/ prise tous les 3 jours

• 1200 mg/jour en 3 prises et en dose d’entretien

 

 

• Adapter la posologie à la fonction rénale

• Peut être associé au baclofène

 

Halopéridol  

• 1 à 2 mg po, sc ou iv (à répéter si nécessaire)

• 1 à 3 mg au coucher et en dose d’entretien

 

 

• Utile si la fonction rénale est perturbée

• Ne pas associer au métoclopramide

 

Midazolam  

• 2 mg sc ou iv lent (à répéter si nécessaire)

• 10 à 60 mg/ jour en sc ou iv continu et en dose d’entretien

 

 

• Utile en fin de vie

 

 

Dans un hoquet réfractaire, envisager une technique plus invasive comme un bloc phrénique.

Références

 

               

 

Littérature

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